Héroïne pure

Un rail de soleil et le moral est au firmament.

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Finis les vagues à l’âme sombres et boueux de la fin de mon histoire avec fantôme.

Aujourd’hui, je me lève le matin en réalisant la beauté du cadre dans lequel je suis. Je vis à Paris. Je vis sur cette petite place de la contrescarpe avec des pavés, une fontaine et des vélos bleus. A gauche ? La petite boulangerie dans laquelle on peut déguster la salade du jour. En face ? Le café d’antan qui prépare de grands cafés crème. La discrète rue qui longe sur la droite ? La rue du Picard, le paradis glacé des gens pressés et célibataires.

Enfin il y a la célèbre rue Mouffetard. Cette rue diabolique où vit la sorcière dans le conte et où nichent une bonne dizaine d’alléchantes boutiques de vêtements dans la vie.

Héroïne de mon paradis

J’aime penser que je suis l’héroïne de mon paradis. Une héroïne anonyme dans une histoire qui croise chaque jour des dizaines d’autres histoires sur les quais du métro. Petite fille née dans une famille originaire de Narbonne et fraîchement débarquée dans le 8e arrondissement de Paris dans les années 80. Une famille éclairée et aimante, qui transmet de générations en générations la combativité et l’émotivité. J’aime profondément les miens. J’aime mes amis. J’aime le cadre dans lequel je vis. J’aime mon pays. J’aime les études que je fais. J’aime MÊME la fille que je suis.

On se bat pour l’amour de ses parents puis de ses amants mais rarement le sien.

Pourquoi « même » ? Parce que souvent le seul que l’on oublie. On se bat pour l’amour de ses parents puis de ses amants mais rarement le sien. Comme si la démonstration de l’amour d’autrui avait plus de valeur que la démonstration de l’amour de soi même.

Vieil héritage de la cour de récré. On veut tous être le copain d’un « populaire » pour être populaire. On finit par écumer les soirées insipides où tout le monde se fait la bise plus préoccupé à l’idée de savoir s’il y aura de quoi fumer plutôt que de savoir s’il y aura de quoi échanger. Avoir l’amour de tout le monde ? C’est séduisant et terrifiant : « Ma chérie » « Mon bébé » « Nous sommes tellement heureux de te voir » « Comment vont tes parents ? » ; ces mêmes petites phrases répétées inlassablement par les mêmes never lassés. Les mêmes qui se ficheraient éperdument de me savoir hospitalisée mais qui sont fichtrement contents de me voir en soirée car la marqueterie parentale ne remplit pas assez la pièce.

Je décide d’être ce que j’aime chez les autres : je m’intéresse, je partage et je reste légère le plus souvent possible.

J’abandonne cette illusion juvénile pour la bâtisse de mon idylle. Je décide d’être ce que j’aime chez les autres : je m’intéresse, je partage et je reste légère le plus souvent possible. Tout est une bonne raison de trinquer. Je fête tout ce qui peut marquer un quotidien : une promotion, une rencontre mais aussi le lapin posé par celui que l’on avait élu. TOUT SE FÊTE ! La vodka fraise fait des miracles.

Résultat ? Une ambiance 100% funky dans une vie 49% trashy mais 0% faky.

Aujourd’hui dans le métro, j’ai fais connaissance avec le guitariste de la rame. Il a choisi le strapontin à coté du mien et s’est exclamé « Bonjour, est ce que l’on peut parler ? »

Déstabilisée par la question mais heureuse de partager une conversation, j’acceptais le shot de rencontre étalé sur 6 stations. En 6 stations j’ai su qu’il était allemand, à Paris depuis 2 ans et qu’il vivait de ses concerts sous terrains. Il m’a confié ne pas aimer l’Allemagne car il trouvait les allemands trop pragmatiques et rationnels. Il aimait au contraire beaucoup Paris et leur approche de la vie plus intuitive.

J’ai alors réalisé que moi aussi j’aimais Paris.

Couvée par le cercle que je me dessine chaque jour. Un cercle petit et mouvant qui m’apporte ma dose quotidienne d’éclats de rires.

Héroïne d’une histoire avec ses héroïnes (& héros) sans héroïne.