Poto non désiré

Les hommes reviennent toujours ? TRUE

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Une femme ignorée tournera les talons dans de lointaines contrées MAIS le modèle alpha, lui, rappliquera fissa. Théorème que l’on ne m’a pas enseigné avec celui de Thalès ou Pythagore mais qui s’applique au moins une fois par an ! Un peu comme la taxe habitation, on sait qu’elle existe mais elle nous surprend comme au premier jour quand elle s’invite dans la boîte aux lettres.

Bon là, le colis ne rentrait pas dans la boite aux lettres. Vous vous souvenez du freluquet qui m’offrait son bras le soir de la saint valentin ?

Freluquet is back

contrairement à tous mes pronostiques de poulpe féminin

 

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Voilà comment on revient dans la vie d’une femme quand on appartient à la génération 2.0.

Son message est absurde et me fait réaliser à quel point les genres, les sexes et les textos peuvent laisser une empreinte différente sur l’esprit de chacun. J’étais persuadée m’être débarrassée de celui qui le soir de notre premier rdv m’interdisait le bol de chips en s’esclaffant sans complexe « je n’aime pas les grosses ». Apparemment c’était à moi d’endosser le mot complexe, sauf qu’au mois de février je pesais 40 kg et je retrouvais à peine l’appétit. Comment cet inconnu barbu post-rupture osait il me refuser le salut de ma renaissance ? J’étais furieuse devant un tel affront et il n’était pas question qu’il monte, ni dans le uber ni l’antre de mes croupes.

J’étais donc persuadée de l’avoir fait glisser dans la corbeille de mon existence et de bien avoir effacé ce fichier zip de ma mémoire. Mais voilà. Il revient 5 mois plus tard apparemment persuadé d’être l’auteur de ce choix. J’aurais pu le corriger au nom de la lutte contre le négationnisme mais la curiosité est reine.

IL ETAIT EN COUPLE

J’explose de rire en me disant que c’est un cauchemar. J’avais choisi le soir des amoureux persuadée d’éviter au moins cette déconvenue là. Peut être suis-je la descendante d’une marquise débridée made in Pompadour ou alors celle d’une fille de port bien en chair monnayant ses charmes aux premières piastres ? Proie récurrente de ces rustres cruels, mon sourire inspire définitivement plus l’immoralité que la chasteté. Je n’ai pas le sentiment d’attiser de telles pensées mais j’ai 27 ans, peut être est ce une indécence qu’il me faut accepter dans une société où le célibat fait effroi.

Des photos furtivement entraperçues sur les réseaux sociaux reviennent alors à ma mémoire. J’avais noté en effet que le freluquet avait un entourage qui ne m’était pas totalement inconnu. J’avais d’ailleurs hésité à le lui signifier il y a quelques semaines mais au risque de faire l’objet d’une saisie dans mon sellier je m’étais abstenue. Je lui demande alors si l’identité de celle dont je partageais le statut un soir de février était bien cette fille que j’avais pu côtoyer l’an passé ? L’amie d’un vieux soupirant.

C’était elle. Surpris mais ravi de pouvoir s’épancher sur celle qui lui causait encore certainement du tourment, il me dressa tout le portrait de l’affreuse polygame.Si j’avais déjà compris sur photos qu’elle était la valentine officielle de ses 29  printemps, je m’étonnais encore qu’il puisse l’avoir connu elle avant moi et l’avoir choisi elle plutôt que moi. L’affreuse, je l’ai croisé à quelques soirées l’an passé. Elle m’apparaissait si fade et fragile. Une petite brindille de 29 ans excessivement fardée qui préfèrerait la compagnie d’inconnus fraichement issus d’appli à celle des amis qui me la présentaient. Accrochée comme une moule à un rocher d’illusions (appli de rencontre, boîtes, drogue,…), je l’avais catalogué comme une fille bon public mais sans intérêt. Je n’en revenais pas d’avoir été détrônée par tant d’insipidité. Cela ne fit que confirmer mon absence d’estime pour le freluquet et je lui demande sans détour d’aller se gratter le dos plus loin avec son éponge à MST. Pimbêche revêche, voire revancharde, il est hors de question de passer après. Je préfère encore m’injecter de la peau d’orange dans les hanches que des microbes dans les ovaires.

Devant tant de sarcasmes, le freluquet ne déclare pas forfait. Il va même jusqu’à oser le camouflet. Il me confie être encore très épris de l’affreuse et me demande de ne pas avoir le projet de m’interposer dans sa tentative de reconquête sur le mont vertigineux de sa peine.

Il s’est alors produit l’impensable. Indifférente et méprisante depuis le début de ce retour raté, je m’émeus. Je ne suis pas piquée par cet affront de plus, non. Sa peine me touche et la provocation qui étouffe ma personnalité depuis des mois en présence de testostérone s’évanouit pour laisser place… à la compassion.

Je ne suis pas capable d’expliquer cet élan. Est ce que c’est parce que je ne me sentais plus physiquement traquée par l’espèce alpha ? Est ce que c’est parce que j’assistais à la détresse d’un homme alors que celui qui avait été le mien n’avait jamais rien exprimé de tel pour moi ? Je ne sais pas. Ma carapace a fondu comme neige et on a passé la nuit au téléphone.

Depuis, il a reconquis le cœur de sa belle – qu’il somme de ne plus être infidèle – et nous sommes cul et chemise. Deux abrutis qui s’apprécient. Il m’appelle presque tous les jours, dort à la maison et se sert du café sans permission. Bien sûr il a toujours sa lubie du squelette et ses états d’âme d’artiste maudit mais il me fait rire, est doté d’une générosité d’âme insoupçonnée et me laisse manger des chips.

Coup de foudre amical impromptu pour lequel je voulais adresser un salut

Je pense que la vie est bien faite et qu’il était la rencontre dont j’avais besoin pour me réconcilier avec les hommes. Un mois qu’il partage mes émois et je me suis définitivement apaisée.

Poto non désiré mais qui m’aurait manqué si j’avais avorté (nos échanges)