Métro, boulot, reco.

Ils se regardèrent et ils savaient. Main dans la main un jour & demande de main pour toujours. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants……………

 

OH OH OH OH OH OH OH STOP

 

Le coup de foudre ne sera ni à Notting Hill, ni à Manhattan, ni devant le mcDo de la Défense. Non. Tu es célibataire et complètement toquée quand il s’agit de caler un verre imprévu entre une séance de pilates et ta soupe Liébig donc ce n’est pas en un regard que ta vie sentimentale prendra son envol. Tu le sais.

Tu as trop d’expérience pour être naïve et pas assez pour être maquée, donc tu te retrouves dans les abysses de l’entre-monde des trentenaires pas casés. Un monde un peu bizarre où tout le monde erre avec ses blessures du passé en cherchant le paradis de l’oubli et du renouveau mais… sans se mouiller. On n’a plus l’audace de nos vingt ans, seulement la maturité de nos 30 printemps.

 

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Personnellement, je déteste le mot maturité… il rime avec périmé. Je préfère être cet éternel enfant insolent et insouciant qui s’émerveille chaque jour et à la moindre découverte. Mais force est de constater que l’enfant a quand même beaucoup appris durant la derrière décennie.

Et oui. Aujourd’hui j’ai compris que pendant des mois d’émois à la recherche de mon « moi » je cherchais…

 

de la reconnaissance.

 

A la naissance je faisais rimer reconnaissance avec celle de papa maman et à l’adolescence avec celle de « mon mec ».

  • Papa maman ont joué le jeu : j’ai toujours été parfaite.
  • Mon mec…….. HEU. En fonction de celui dont on parle : soit il ne m’en donnait aucune et je jurais en larmes que j’allais en mourir, soit il m’en donnait trop et je le quittais sans préavis. Le dernier en date ? Il m’en a donné au début. Après, j’ai été un peu moins parfaite. Mais bon comme papa maman ont toujours raison, il endossa très vite le doux qualificatif de monsieur Pignon : quel « con ».
Un con qui peut faire très mal. Lui, il a le droit de vous abandonner sur le bord d’une route et d’en adopter une autre dans la minute sans se faire rappeler à l’ordre par les services de la PMI !

 

En fait ce qui fait très mal passé 25 ans quand on vit une rupture sentimentale, c’est le sentiment de perdre toute la reconnaissance pour laquelle on s’était battue. Tout comme on n’avait jamais envisagé d’être reniée par ses parents, on n’envisage pas d’être reniée par le prince charmant. On a grandi en passant d’une reconnaissance à l’autre sans imaginer que l’échelle puisse tomber. La remise en question est longue car c’est toute notre conception de l’amour qui s’effondre. On pensait vivre quelque chose de fusionnel d’éternel et d’inconditionnel qui ne sera plus que bagatelle.

Retour au bas de l’échelle et aux réflexes du bambin à qui on refuse la sucette sucrée. On pleure, on se roule par terre, on ne veut plus manger. Et si celui qui a autorité sur nos désirs n’y répond toujours pas, on se venge.

Loin de condamner cette réaction par laquelle on est toutes passées (sans exception), je réalise simplement la folie d’une telle conception. Comment peut on donner un jour toute cette responsabilité à une seule personne rencontrée au hasard du faubourg ? Comment peut on faire dépendre toute la reconnaissance dont on a besoin pour avancer d’un seul être ?

 

Je réalise la facilité déconcertante avec laquelle on transfère notre attente de reconnaissance de nos parents à un inconnu.

 

Charlotte m’a appelé tout à l’heure parce qu’elle est en couple depuis 5 ans et n’a toujours pas la bague de fiançailles qu’elle espère. Au début je ne comprends pas l’importance de cet appel : elle a un amoureux génial qui est fou d’elle et avec lequel elle se sent bien, pourquoi faire une montagne de l’absence d’un diamant ? En fait en l’écoutant je comprends qu’elle n’a toujours pas fait évoluer sa conception de l’amour. Elle cherche chez lui la reconnaissance qu’elle a eu de son papa pour son baccalauréat, chez baccarat.

 

5 ans de relation, où est ma mention ?

 

J’aurais été exactement comme elle si je n’avais pas connu le célibat passée 25 ans. Parce que passé 25 ans, quand on perd toutes ses illusions, on décide finalement d’aborder la vie sous un angle différent. On réalise la folie que l’on a faite de confier tout notre amour-propre et toute la reconnaissance dont on a besoin dans les mains d’une seule personne. On multiplie les projets et les activités de manière autonome et lorsque l’on est félicité pour ce que l’on a accompli seule, la reconnaissance que l’on reçoit est démultipliée par 1000. On se sent fière, heureuse et épanouie en affichant nos victoires sur le tableau de l’autonomie.

Un tableau qui progressivement attire les foules et… sans qu’on le cherche, attire forcément un jour : l’élu. Pas un heureux élu, source unique de reconnaissance, mais un élu heureux de partager nos projets sources mutliples de reconnaissance.

 

Métro, boulot, reco.

La routine quotidienne d’une parisienne souveraine