Pas de marché de noël sur les champs

Le Parisien - journal de Paris - Jeudi 2 novembre 2017

Coup de masse pour Marcel CAMPION !

Il ne s’agit pas de gagner une peluche mais bien le maintien d’un contrat

 

Marcel CAMPION, surnommé « le roi des Forains » ou encore « le PDG manouche », a tenté le putsch pour défendre la convention du marché de Noël des Champs Elysées. Le Parisien nous informe aujourd’hui que les forrains ont tenté d’envahir la capitale pour s’installer par la force sur les champs Elysées, sans succès, car une horde de CRS avait déjà monté les barricades à leur arrivée.

 

Contrat de 6 ans non renouvelé

 

La Mairie de Paris avait signé en 2015 avec la SARL Loisirs Associés de Marcel CAMPION un contrat pour six années d’exploitation et le marché de Noël aurait du ouvrir sur les Champs le 17 novembre. Mais début Juillet le Conseil de Paris a voté à l’unanimité la fin du marché de Noël tel qu’il existait en pointant du doigt la mauvaise qualité des produits mis en vente sur ce village. Les élus ont ainsi décidé de faire une croix sur la redevance de 700 000 euros versée à la Mairie de Paris pour l’occupation du site. Site qui restera vide cette année puisque la ville « n’a pas eu le temps de lancer l’appel d’offres pour créer une nouvelle animation sur le bas des champs« .

 

Bras de fer entre les muscles et le droit

 

Le journal conclut sur la victoire des forrains en justice contre les défenseurs du patrimoine face à ce contrat et sur l’autorisation d’installation obtenue. Sauf que les parisiennes remarquent que cette fois ci il ne s’agit pas de tiers mécontents qui attaquent le contrat mais d’une décision de la ville de Paris d’y mettre fin. Il apparait peu probable que la décision municipale puisse être remise en cause devant la justice puisque la ville avait :

  • La prérogative contractuelle de le remettre en cause tous les deux ans
  • Le pouvoir [dérogatoire du droit commun et en dehors de toute prérogative contractuelle] de résiliation unilatérale des contrats au nom de l’intérêt général et du principe de mutabilité du service public

 

Donc aussi étonnant que cela puisse paraitre pour le commun des citadins, la ville a toujours le dernier mot quand elle dit « no »

 

A charge aujourd’hui pour les forrains de faire un recours et de démontrer le préjudice financier subi par la décision de la ville pour être indemnisés. S’ils se prévalent d’une suppression de 2 000 emplois qui pourrait couter chère au contribuable de la capitale, la faculté de résiliation offerte à la ville tous les 2 ans risque d’anéantir leurs prétentions. Ne serait probablement retenue que la perte de chance de voir le contrat renouvelé et une indemnisation au goût amer de cacahuètes.

Probablement est ce pour cela que Marcel CAMPION privilégie aujourd’hui les négociations sur le terrain de la force et non du droit.

Une instruction est par ailleurs en cours contre Marcel CAMPION, mis en examen dans une enquête sur une convention passée avec la ville – qui s’est portée partie civile – pour l’installation de sa célèbre grande roue à la Concorde.