Big BANG theory

Je m’installe sur le canap : une clope et une bouteille de coca light. Voilà une journée cocooning d’hiver pour laquelle on se prépare en grandes pompes. Après la tornade que je viens de vivre, je ne voulais rien de plus et rien de moins.

 

Tornade pro et tornade sentimentale dont je sors saine et sauve en jogging devant la télé

 

Il y a un mois, je signais mon contrat dans un cabinet d’avocats et je rencontrais le soir même dans un bar de Saint Germain des Près un beau garçon dans la finance prévenant et pétillant.

Sauf que… Mon boss en pleine procédure de divorce ne m’avait probablement pas embauché pour les bonnes raisons et s’obstinait pour que je passe mes nuits au cabinet. Bien décidée à ne pas me laisser faire, je faisais au mieux pour rendre un maximum de travail dans les 10h imparties mais pas encore préparée au pire du monde du travail je n’ai pas réussi à assoir ma place et après des insultes quotidiennes, des dej et des invitations pour me faire raccompagner chez moi : j’ai perdu mon travail.

 

A défaut d’avoir du boulot, est ce que j’ai un mari ?

[avec le BG de la finance]

 

J’étais invitée à fêter mon contrat dans ce petit bar à saint Germain des Près quand il nous a rejoint comme un cheveux sur la soupe. Mais un cheveux bienvenu au regard malicieux et au rire franc et facile. J’ai invité ma copine Paupau. Paupau était mal lunée ce soir là car toujours embourbée dans sa relation de l’enfer et elle n’hésitait pas à le prendre à partie en en faisant sa proie choisie.

 

« Je ne t’aime pas. Tu me saoules. Des que tu l’ouvres, je souhaiterais devenir sourde. »

 

Bienvenue dans ma bande d’amis !

 

Loin de se laisser démonter par autant de rejet, il prenait ça avec sourire et bienveillance. Il tournait tout avec humour en me glissant le regard complice de l’amour.

Hugh Grant n’a pas le monopole du flegme et le BG de la finance devenait irrésistible. Jusqu’au moment où… un serpent en robe paillettes s’enlaça à son cou pour s’enlacer à sa langue. Dépitée devant le spectacle, je quittais les lieux : je ne lui plais pas.

 

Le lendemain matin : ajout sur Facebook et complainte de l’alcool

 

« Elle s’est jetée sur moi mais la seule que je veux revoir : c’est toi. »

 

C’est le moment où ma dignité aurait du me commander de décliner. Mais non. Pour une fois que je tombais sous le charme d’un garçon, ma passion m’a commandé le choix de la déraison.

Je l’invitais la semaine suivante à un concert de funk typiquement parisien au coeur de la ville, persuadée que l’ambiance chaude de la musique noire américaine réchaufferait les prémices de cette rencontre.

En fait, nous restions accoudés au bar pour boire et l’entretien d’embauche commençait à se dessiner. Tu fais quoi dans la vie ? Tu as des frères et soeurs ? Comment tu te vois plus tard ? Un arbre généalogique et 10 anecdotes de boulot plus tard, nous enchainions les bars et les histoires sans fondre la glace… A 4h du matin, une fois les autobio bouclées nous décidions de rentrer nous coucher. Au moment où je commande mon ub, il m’arrache le téléphone et le décommande pour se jeter sur moi.

 

HORS SUJET ROGER

Tu ne peux pas jouer les recruteurs puis les lovers

 

De glace devant l’audace digne d’un rapace, je me figeais instantanément. Vexé par le non retour de baiser, il fuya vers sa voiture sans un regard pour ma déconfiture. Il était vexé, et je me vexais moi même. Comment pouvait on partir vainqueur sur un coeur sans chercher à gagner ses faveurs ?

Arrivée à la maison, il n’était plus question d’entendre parler de ce garçon.

 

[Notification]

« Est ce que j’ai fais une chose qu’il ne fallait pas ? »

 

Je délivrais la mention HORS SUJET à son baiser

 

Pour sa défense il exprima son désir de prendre le temps de se connaitre avant de se lancer à l’assaut. Ok, argument validé donc on relance les dés.

Il vient me chercher au boulot 3 jours plus tard et m’emmène au restau : « C’est le restau préféré de mes parents ». Approche castratrice qui ne met pas vraiment dans l’ambiance du sex appeal. Mais flattée par le choix du restaurant, très élégant pour un jeune courtisan, j’envoie la photo à mes copines. Enfin c’est ce que je pensais, dans la précipitation je l’envoie à lui et je m’humilie. De toute façon, je m’ennuie.

2nd entretien sur nos vies, rien qui ne puisse un jour conduire à un lit. Perdu pour perdu, je provoque. Signons pour un peu d’ambiance dans ce lieu qui devenait rance !

 

« Et donc sinon. Les compliments, c’est une option ? Je t’ai préparé une liste avant de venir. »

Voyons voir ce que donne le jeune loubard

 

Effaré et consterné par le service réclamations, il botte en touche et m’invite à quitter les lieux. Bon on ne se verra plus, c’est sûr. 2ème top du flop !

Il insiste toutefois pour me ramener chez moi et une fois en bas, il exprime encore une fois son désir de m’embrasser. NONNNNNN je ne veux passsssssssss !

J’allais refuser quand il s’est exprimé « je suis sûr que tu vas encore décliner ». Prise de pitié devant mon rejet, je me lance dans le baiser du devoir. Je voulais le rassurer sur son succès sans en ressentir l’intensité.

Une fois chez moi, je décidais d’annoncer l’in-fructuosité : ça ne marche pas.

 

Et plus si affinités…

 

Vic m’explique que vendredi il y a un apéro auquel il sera. Fatiguée de mes difficultés au boulot je décide de ne pas affronter l’asticot et de me réfugier à une soirée potos. Pourtant, il insistera par messages pour que je vienne et je décide de me fier à ma première intuition. Celle de cette première soirée où il me faisait bonne impression. Je débarque ! Il m’ouvre la porte et tente encore une fois de m’embrasser mais décontenancée, je décline.

Agacé par cet accueil glacé, je me fais réprimander : pourquoi tu ne m’as pas embrassé ?

D’humeur festive et agréablement surprise par un tel entêtement, je me laisse aller. On s’embrasse et parce que le coeur a ses raisons que la raison ignore j’y prends goût. Une nuit qui se finit en boite de nuit collée à lui et on s’envolera à 6h pour notre première nuit. Dépucelée de toutes mes craintes je m’envole pour les étreintes. Pour la première fois depuis des mois, j’avais quelqu’un à moi. Réfugiée dans ses bras, je me sentais moi. 48h plus tard nous étions au même endroit plein d’émois. Impossible de résoudre à se quitter, j’annulais toutes mes activités et nous passions notre premier week end liés.

Un seul détail me chiffonnait : il me parlait de nous comme un couple et je trouvais la démarche pressée & culottée. Comment pouvait il interpréter ma légéreté comme un trophée sur mon intimité ? Il était l’élu d’une nuit, pas celui d’une vie.

 

 

… Affinités ou inimitié ?

 

Le week end suivant, nous avions prévu d’aller au ciné mais une nuit avant il m’enleva d’une soirée pour me kidnapper dans son antre. Un petit studio propret à Levallois dans lequel nous repassions 48h liés sans voir le ciné.

Tout aurait pu être parfait sans une conversation. La conversation sur nos personnalités qui laissait place à la  dissemblance plus qu’à la romance. Alors que je découvrais un garçon extrêmement rangé et organisé, il me découvrait extrêmement bordélique et… spontanée ? On passa un long moment à se regarder en se demandant où nous allions. Est ce que nous étions en train de nous tromper ?

Peut être était-ce le moment de le quitter mais j’eu envie de le serrer. Une nuit plus tard, ce ne fut pas le plus émouvant des départs. Il se mettait à bosser pour son boulot et je partais faire de même en retrouvant mon studio.

Perdue face à cette déconvenue je me retrouvais plongée dans mes pensées. Est ce que c’était la fin ?

Au cours d’un diner avec un copain, je confiais mes doutes. Il me conseillait de l’appeler pour lui demander. Mais apeurée à l’idée de le confronter à des questions auxquelles il ne pouvait pas avoir plus de réponse que moi, je décidais de faire l’inverse. Je me mettais à exprimer une once de passion pour provoquer l’éventuelle récusation. Mais je n’eu que des réponses timides toutes en smiley et en « Lol », rien qui ne traduise une position.

Le lendemain je me faisais virer par le bourreau du cabinet… et pas de nouvelles du bourreau des cœurs. J’aurais tellement aimé qu’il prenne les devants en m’offrant de son temps pour s’assurer de la sauvegarde de mon tempérament. Rien.

Je lui envoie une photo de moi avachie chez des amis avec une bouteille de vin : « Lol ». Encore « Lol ». Je ne sais pas quoi penser de cette posture emplie de désinvolture et face au mur je reprends l’armure. Il me propose de me voir samedi et bien que neni. Il ira aux orties !

Je ne suis pas la docile escort du week end mais une parisienne au coeur fragile qui peut avoir envie de sentir les bras forts de son homme à tout instant. Il n’a pas saisi, tant pis pour lui.

Hier nous discutions par messages du fait que je ne sois pas disponible samedi. Loin de s’en émouvoir, il m’expliquait qu’on se verrait alors à son retour de sa lorraine d’enfance en janvier. Surprise, je l’exprime en lui indiquant que même avec une vie rangée on peut laisser tomber le coté « petits amis du week-end »  pour choisir de se voir une nuit en semaine. Un peu de spontanéité Roger !!!

Il interprète mon message comme un excès de légèreté qui refuse de s’engager sur quelque chose de rangé. En fait c’est tout l’inverse puisque je l’invite juste à partager plus d’intimité. Je sens le fossé s’ouvrir entre nous et j’entrevois déjà la fin du nous.

 

BIG BANG THEORY
Les parisiennes et les hommes, une histoire où c’est chacun pour sa pomme.

 

Donc on laisse tomber bidule et on postule !